Vérifier la bonne santé d’une entreprise avant sa reprise

Lors de toute reprise, le repreneur est en droit de vérifier l’état de santé de l’entreprise à reprendre avant de signer l’acte officiel de reprise (rachat). 

Pour éviter des désagréments lourds de conséquences, fixez-vous une liste des opérations à mener. 

1 – Analyser l’entreprise en détails  

La bonne santé de l’entreprise se vérifie en contrôlant les échanges financiers sur divers documents comptables : bilans (CA, bénéfice, déficit), règlement des charges, régularité dans le versement des salaires, acquittement des factures fournisseurs mais également en consultant le carnet des commandes en cours ou à venir. Une prise de contact avec les salariés est aussi une étape primordiale

Si la reprise doit être signée en cours d’exercice, le repreneur peut demander un bilan comptable provisoire sur les premiers mois de l’année.  

Pour formaliser ces vérifications, des diagnostics ou audits des différents services de l’entreprise semblent inévitables : gestion, ressources humaines, comptabilité, finances, social, fiscal. 

2 – Réaliseun ensemble de diagnostics (audits) 

Plusieurs facteurs doivent être analysés :  

  • Moyens et outils : contrôler l’état des locaux et du matériel de production, analyser les stocks. 
  • Activité et positionnement : évaluer le marché, étudier le chiffre d’affaires (CA), analyser les prix et ceux de la concurrence, suivre les réseaux commerciaux et ceux de la distribution. 
  • Finances et rentabilité : calculer le CA nécessaire pour que les comptes de l’entreprise soient à l’équilibre et que le résultat net soit nul (seuil de rentabilité ou point mort prévisionnel),  
  • Besoin en fonds de roulement (BFR) : établir le montant du besoin de financement (stock, créances clients, dettes, impôts, fournisseurs, services sociaux, etc.). 
  • Juridique : bail de location, normes du secteur d’activité, titres de propriété, brevets, dépôts de marques, contrats (fournisseurs, clients, assurances), (éventuels) procès, contrat bancaire et crédits en cours. 
  • Normes environnementales (si besoin) : en cas d’installations classées dangereuses pour l’environnement, vérifiez que le site de l’entreprise est déclaré auprès des autorités compétentes (Préfecture). 

A noter : le montant des frais de dépôt d‘un tel dossier est d’environ 20 000€. 

3 – Analyser le facteur humain : le comportement des salariés 

Turn-over, redéfinition de poste, absence de formations, manque d’ancienneté du personnel, absence de documents témoins des concertations entre le personnel et la direction, semblent être les marques d’un mal être dans les rangs du personnel. 

Une idée assez précise de la stabilité de l’entreprise ressort du suivi des comportements des salariés. L’agressivité envers la direction est souvent le signe d’un malaise, se traduisant par un mécontentement qui perturbe l’équilibre des employés.  

Attention à ne pas ignorer le « salarié clé » : celui vers lesquels se tournent tous les autres pour prendre conseil, celui qui est désigné d’office pour rencontrer la direction en cas de problème, celui qui rédige les documents de réclamations. Son attitude vis-à-vis de la reprise peut influencer les autres salariés. 

Une entreprise ne peut pas avancer ou se relancer sans le soutien de ses salariés. L’ambiance interne de l’entreprise est un indicateur de son état de santé. Si les salariés montrent de l’intérêt pour leur métier, qu’ils cherchent à évoluer au sein de l’entreprise, qu’ils s’impliquent réellement dans les résultats et qu’ils développent un attachement à leur dirigeant, le repreneur peut en conclure que l’entreprise n’a pas de problème majeur, même si cet indicateur est totalement informel. 

4 – Mettre à jour les « vices cachés »  

Attention, si ces informations sont trop nombreuses, c’est certainement le signe d’une santé précaire ! 

  • Obtenez un extrait Kbis de moins de 3 mois (Registre du Commerce et des Sociétés) en prévision d’un rachat de fonds de commerce. Vous confirmez ainsi que l’entreprise ne dispose pas d’un établissement secondaire. 
  • Contrôlez l’existence (ou non) de contrats « intuitu personae » qui lient directement l’entrepreneur sur le départ et par exemple, un organisme de crédit.  

De même, un fabricant peut être lié par contrat à l’entrepreneur plutôt qu’à l’entreprise. Que vont devenir ces contrats après la reprise ? Après la reprise, il aura l’opportunité de résilier ce contrat. 

  • Vérifiez les détails du bail de location et en particulier les clauses de résiliation. En tant que repreneur de l’entreprise détentrice de l’ancien bail commercial, validez que vous êtes en droit de quitter les lieux.  
  • Comptabilisez le nombre d’heures supplémentaires réalisées et non payées par l’actuel entrepreneur. Le salarié ayant 5 ans pour réclamer son règlement, c’est le nouvel entrepreneur qui devra s’en charger. 

Il est préférable de faire toutes ses vérifications afin de se faire une idée juste de l’état de santé de l’entreprise à reprendre.

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